Pour un enseignement de l’Écologie culturelle



Un rapport rédigé par l’association The Shift Project intitulé « Mobiliser l’enseignement supérieur pour le climat, former les étudiants pour décarboner la société » publié en mars 2019 montre que 76% des formations universitaires en France ne proposent aucun cours abordant les enjeux climatiques.


Le constat est le même pour les programmes de l’enseignement primaire et secondaire qui délaissent très largement l’écologie, à l’exception de rares éclairages dans les cours de biologie ou de géographie. Ces chiffres sont alarmants tant ils dénotent un décalage entre les orientations pédagogiques et l’aspiration d’une grande partie de la jeunesse, déjà sensibilisée à la nécessité de conduire ou d’accompagner des transitions de grande ampleur.


L’introduction de l’Écologie culturelle, de l’école primaire jusqu’à l’université, invite à penser la question écologique dans une perspective transversale à l’intersection entre l’histoire, la géographie, la philosophie, l’économie, les sciences environnementales. Elle permet de saisir la complexité des dynamiques à l’œuvre à l’époque de l’Anthropocène et d’esquisser des pistes de réflexions et de solutions, sans céder au dogmatisme ou à la pression du court terme.


L’enseignement peut trouver dans l’environnement géographique immédiat des exemples mobilisables à l’occasion de sessions hors-les-murs ou d’immersions pédagogiques. Il génère un décloisonnement entre les disciplines et entre les formes de raisonnement (analytique, intuitif, analogique) en ouvrant sur des approches variées, ouvertes sur les sciences, mais aussi sur les arts. Cette diversité des formats conduit à une inclusion plus large de l’ensemble des élèves, quelles que soient leurs compétences et leurs appétences, et contribue ainsi à une égalité accrue des chances. Chacun a la capacité de s’épanouir en fonction de sa différence.


L’apprentissage de l’Écologie culturelle associe sans cesse prise de recul théorique et expérimentations pratiques, ce qui a pour effet de valoriser à nouveau les savoirs techniques et manuels dont on sait qu’ils sont au cœur des dynamiques de transitions. Les établissements de formation endossent ainsi pleinement leur rôle de maturation citoyenne, mais aussi de positionnement dans la vie de la Cité à travers l’instauration de véritables chantiers éducatifs ouverts sur les territoires. L’école ou l’université constitue un espace parmi d’autres où les jeunes trouveront des méthodes et outils pour approcher un monde en évolution rapide parmi une myriade de compétences acquises à l’extérieur et parfois valorisées au sein même de leur cursus.

Engager une dynamique d’enseignement de l’Écologie culturelle suppose donc d’interroger la formation des enseignants, la place des transitions dans les formations initiales, continues et professionnelles, mais aussi d’ouvrir davantage les cursus scolaires et universitaires sur les territoires.





Nicolas Escach