Léonard de Vinci, 1490 - du microcosme au macrocosme



Les anciens disaient de l’Homme qu’il est un microcosme, et cette épithète lui va bien. Si l’Homme a une armature d’os pour sa chair, le monde a ses rochers pour supporter la terre. Si l’homme a des poumons qui se dilatent et se contractent, le corps terrestre a son océan qui croît et décroît toutes les six heures, avec la respiration de l’univers.

Léonard de Vinci


Vinci perçoit la Terre comme un être vivant, qui respire et agit en harmonie avec l’humain. Il ne cesse de développer des analogies entre le corps humain (il a disséqué tout seul 30 corps) les événements climatiques et la géologie. Loin de lui être étrangère, la terre est l'amie et l'alliée de l'Homme, et jamais l’humain ne surpassera celle qu’il appelle cette « Terrestre machine. »

Il pose ainsi les bases du courant naturaliste, à une époque ou la nature était considérée avec hostilité. La science moderne a depuis démontré la nature "fractale" de la vie, qui s'organise de manière similaire à l'échele d'un organisme, d'un écosystème et même d'une planète. Ces analogies posent également les bases de l'écologie, l'art d'inscire l'activité humaine et le cycle biologique humain dans les cycles naturels.


Biographie expresse

Leonard de Vinci est un « enfant naturel », au sens où on ne connait pas son père ! Curieuse destinée, pour un homme dont la nature et la peinture seront les passions dominantes. Il vit ses premières 14 années dans la campagne du petit village toscan de Vinci, et c’est dans la nature qu’il va prendre ses leçons. Son statut de bâtard ne lui permet pas les études classiques du latin ou du grec. Peu importe ! Il sera autodidacte, développant une perception du monde originale. Il passe le plus clair de son temps à observer, à noter, à comparer. Ce naturaliste hors pair transmet son savoir au travers de ses tableaux. Il faut regarder ses toiles comme une synthèse admirable entre la science, la sensibilité, l’art et la nature. C’est sans doute pourquoi il nous fascine toujours, ayant su retranscrire le mystère du vivant.


Patrick Scheyder